Emmanuelle DELANOË-BRUN

January 26, 2011 Comments Off on Emmanuelle DELANOË-BRUN

 

Biography

Emmanuelle Delanoë-Brun enseigne la littérature américaine, la traduction littéraire et les liens entre littérature et cinéma à l’université Paris Diderot – Paris 7. Ses travaux, d’abord centrés sur l’œuvre de l’écrivain américain John Barth, portent plus généralement depuis quelques années sur le cinéma américain, les questions d’adaptation et de liens entre cinéma et littérature – les rapports de fascination et de tension qu’entretiennent deux arts à composante narrative commune mais dont les histoires, les modes de production, de distribution et de réception ont longtemps semblé diverger radicalement.
–       « Bienvenue à Cauchemarville ? La San Francisco fantasmée de Dashiell Hammett », à paraître, actes du colloque « San Francisco », université Aix en Provence, Presses universitaires de Perpignan, 2010.
–       « La fabrique de l’homme objet dans Lolita, de Stanley Kubrick », Sillages critiques n°11, 2010.
–       « Le cinéma hollywoodien à l’épreuve de ses représentations », in Culture populaires, cultures savantes : reprises, recyclages, récupérations,  RANAM n°43, 2010

 

Abstract

"Reality lies elsewhere? Le néo-réalisme fantastique dans quelques épisodes de X-files"

De la série X-Files, on retient fréquemment l’armature paranoïaque autour de laquelle s’organise la continuité du récit principal, la théorie du complot qui structure, ou en tous cas donne leur unité, à la suite des saisons, par delà l’évolution des relations entre les personnages. Entre le ressort classique de la tension érotique et l’inflexion délibérément postmoderne d’un univers ancré dans le doute, l’interrogation des certitudes, la quête d’un ailleurs, la série trouve sa tonalité propre, mélange d’anxiété épistémologique et de légèreté potache. L’univers fantastique du complot politico-scientifico-martien cristallise l’expression d’une suspicion généralisée à la fois de l’univers référentiel et des structures censées l’organiser, où seule une échappée au-delà d’une « réalité » trompeuse laisse entrevoir la possibilité d’une vérité élusive. Mais si la vérité est peut être ailleurs, comme le réaffirme chaque épisode ou presque en fin de générique, la réalité est-elle pour autant si faussée, d’épisode en épisode ? Laissant de côté les fondements philosophico-politiques qui sous-tendent très visiblement le récit principal, cette communication se propose plutôt de considérer comment, dans certains épisodes, c’est moins l’archi-structure aliénante de la société postmoderne que la série continue d’explorer que des enjeux politiques et sociaux beaucoup plus immédiats tels que l’immigration clandestine, le communautarisme, le rapport à l’étranger, les rythmes de travail, l’exploitation sociale. Il s’agira de voir comment, à l’instar de certaines grosses machineries cinématographiques comme Gladiators, de Ridley Scott, ou la série des X-Men, The X-Files, sous l’habillage séducteur de la série fantastique à effets spéciaux travaillés, utilise le détour du plus grand exotisme (le monstre, l’alien, et autre figures de l’étranger radical, comme Scott utilisait les détours de la distance historique et de la reconstitution flamboyante) pour réfléchir la « réalité » sociale et politique américaine la plus contemporaine, dans une conception du divertissement populaire qui, sous prétexte de détourner, distraire ou dissiper l’attention, comme le voudrait l’étymologie du terme, opère le mouvement inverse de ramener au centre de l’attention captive les préoccupations récurrentes de la scène sociale et politique américaine.

 

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